Quelle chance avons-nous d'etre dans notre compartiment de premiere classe (46 lari/personne) a deux lits. La ventilation ne fonctionne a peu pres que quand le train avance. Il n'est pas possible d'ouvrir la fenetre du compartiment et une fenetre sur quatre du couloir peut encore s'ouvrir (ah ah grace aux bouteilles d'eau coincees qui les maintiennent ouvertes). Il est fait une douce chaleur proche de celle d'un sauna.
Je suis rassuree car la controleuse du train, une matronne bien communiste me repond en russe que les francais peuvent avoir le visa a la frontiere (ben vi, je stresse toujours quand je voyage).
Notre train demarre avec de l'avance et nous voila partis vers l'Armenie. Nous sortons nos bouteilles d'eau, nos fruits... Il y a bien un wagon restaurant qui ne vendra qu'un peu de biere (je ne peux pas m'empecher de rire en pensant a Dad en voyant les grosses lettres PECTOPAH sur le wagon!!!)
Nous arrivons la gare frontiere de Sadakhlo vers 17h30. Une sorte de marche est installe sur le quai de la gare. C'est vivant et rigolo. C'est evident que les 4 autres touristes et nous-meme denotons dans la population. La controleuse nous dit que nous resterons deux heures ici.
Alors un drole de manege commence : des cartons sont charges partout dans le train par de nombreuses personnes. Je ne sais pas combien de cartons sont charges mais ca n'arrete pas, dans toutes les classes. Les portes des wagons sont bloques par des cartons de gaufrettes, de biscuits, de bonbons (pour ce que j'en ai vu).
Les femmes du compartiment a cote du notre soulevent les banquettes et remplissent les dessous des banquettes de confiserie (elles etaient droles a voir a voir avec leur cle) et jetteront par la fenetre du wagon les cartons vides, juste apres, le depart du train. Tout le chargement prend bien plus de deux heures. Les toilettes du train pendant tout ce temps sont fermes, peut etre pour eviter qu'elles soient rendues inaccessibles par les cartons. :-)
Nous tuons le temps en papotant et en chantant. Il y a meme un douanier georgien qui nous entend et qui dit qu'il connait la 2nde voix de Joujouna (c'est la seule melodie que j'arrive a peu pres a suivre). Helas, il n'a pas le temps de chanter.
Apres 20 heures le train repart et au bout d'un petit moment, nous arrivons a la gare frontiere de l'Armenie. La, les douaniers montent et nous demandent de les suivre. Nous sommes 4 francais sans visa et les deux autres touristes ont bien leur visa (ressortissants europe du nord, je crois). Bref, nos passeports disparaissent dans les mains d'un douanier, qui les passe a un autre et nous allons attendre devant une petite guitoune. Il fait nuit, nos sandwichs de Tbilisi sont deja un peu loin et juste sous notre nez, il y a des brochettes qui grillent. Ca a l'air bon! J'en prendrais bien une mais je suis finalement appelee pour rentrer dans la guitoune et un homme (il n'avait pas d'uniforme mais parlait super bien anglais) me demande de remplir le document de demande de visa. C'est le premier vrai contact avec l'alphabet armenien. Aie aie, moi qui commencais a me familiariser avec l'alphabet georgien. Bien sur, je n'oublie pas de payer les USD 30 pour le visa de touriste, valable 21 jours.
Les trois autres passent apres moi et des que nos visas sont faits, nous remontons tant bien que mal dans le train qui n'a plus les marchepieds descendus. Allez hop un peu d'escalade ne fait jamais de mal :-) Le train repart aussitot. Il est environ 22h30, heure georgienne ! Il y a une heure de plus en Armenie.
Ensuite, nous nous installons pour dormir. Nikas s'endort tres vite et est reveille par un "tak tak tak" a la porte. "Custom service". Nous ouvrons et nous entendons "tourist" et ils repartent aussitot. En fait, je ne sais pas le fin mot de l'histoire, sauf que les douaniers fouillaient des cartons dans le couloir et que vers 3 heures du matin, une partie des cartons a ete subrepticement dechargee a toute vitesse du train !