Danse avec les loups...

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Georgie - Tusheti
de nikas, le 29-08-2006

Danse avec les loups...

Gamardjoba Everybody ! Attention, ames sensibles s abstenir ! Pour cette deuxieme journee de randonnee en itinerance, nous avons cumule : denivele, frayeurs, et tuiles...La journee avait cependant plutot bien commencee, voyez plutot...


Leve 7 heures du matin, apres une nuit calme au bord de notre charmant ruisseau.

Tot le matin, des cavaliers se font entendre sur la piste qui nous surplombe. Il me semble entendre un "prangia", en gros ce sont des francais...On est donc deja repere ! Peut etre est-ce Temo, notre fier cavalier de la veille avec qui nous avons fait une petite causette ?

Grosse motivation pour attaquer cette deuxieme journee : petit dejeuner habituel : allumer le feu avec le journal 24 saati (24 heures) que j ai pris soin de recuperer dans l avion (merci mamico de m avoir appris a allumer un feu en deux temps trois mouvements, tu sais la technique "hutte"...), faire bouillir au moins 10 minutes l eau du ruisseau pour etre sur de ne pas jouer de l estomac toute la journee (recommandation d Anne), un grand bol de the bien sucre pour s hydrater et prendre quelques force, puis la recompense ultime, la ration de pates alphabet et son supreme de bouillon cube ( de boeuf SVP !).

Moment de detente avant le pliage de la tente ( toujours galere avec l humidite de la nuit et l herbe qui s obstine a coller la toile) et la revigorante douche froide dans la lamazi mdinare (jolie riviere).

Une quinzaine de vaches viennent nous rendre visite et partager ces moments que j apprecie plus que tout car ils nous permettent de nous reconnecter avec les choses simples et belles de la vie. Nous acceptons volontiers leur presence. Elles semblent d ailleurs ne pas nous voir.

Il est 10H, nous avons un peu tarde, mais nous n oublions pas que nous sommes en vacances, et nous demarrons.

Le chemin momte doucement mais surement en direction de Diklo, un petit village dans le lequel nous devrions voir une forteresse.

Sincerement c est dur, il commence deja a faire chaud, comme hier les sacs sont lourds ( pourtant nous avons liquide quelques bouillons cubes et quelques pates...), et ca n arrete pas de monter. Difficile de trouver un rythme satisfaisant.

Nous apercevons plus haut un berger avec ses moutons et entendons un chien : no stress, la presence du berger nous rassure. Le blanc manteau des moutons se detache sur l intensite vertes des pins massifs : la photo est magnifique, pourtant, j ai la flemme de sortir mon reflex...

Apres 45 minutes de marche premier hic a l horizon : nous apercevons un troupeau de vaches...accompagne d un berger du Caucase (entendez par la un chien)...

Manifestement, il nous a vus, et commence a aboyer rageusement. Nous continuons cependant a avancer, certes pas tres rassures mais determines a passer.

D apres Peter Nasmyth, l auteur de "Walking in the Caucasus" le plus grand danger dans ces montagnes, ce ne sont pas les hommes, mais les chiens...A la vue (encore lointaine certes, mais cet imbecile de cleps a roulettes comme se plait a l appeler Anne ne cesse de se rapprocher...) je me souviens des quelques conseils contenus dans le livre, et de ceux que nous a donne Guia, lors de la montee vers Omalo : ne jamais les regarder dans les yeux (mais j ai mes lunettes de soleil, alors il va peut etre croire que je soutiens quand meme son regard dernieres mes vitres teintes hein ?), ne pas courir (pourtant on a franchement envie de fuir quand on tombe sur un de ces monstres), crier energiquement "Kadi, Kadi" (traduction "degage, degage" en Tush semble t il), si rien ni fait, s arreter et se mettre a genoux et attendre que le chien s en aille, puis si la situation ne change pas, prendre une pierre et la lancer au loin pour que le chien soit s amuse a aller taquiner la pierre plutot que nos cheres personnes...

Peter Nasmyth ajoute "les affronter s ils ne bougent pas et se font de plus en plus agressifs"...

Passer de la theorie a la pratique n a rien de facile, je vous assure !!!

J ai sincerement la trouille, j essaye de ne pas le montrer cependant, ni a Anne ni au chien...

Cet imbecile ne nous lache plus, il s est franchement rapproche de nous ( une dizaine de metres), il montre les cros, et exprime par un grognement fort peu amical sa volonte de nous reduire en cotelettes...

Nous stoppons les machines (j aurais presque envie de dire que cela nous va bien vu que nous avancons comme des escargots depuis ce matin !), nous mettons a genoux et attendons. Dans notre frayeur, nous oublions de lui lancer le "Kadi" magique : resultat il ne nous quitte pas, ne nous quitte pas, ne nous quitte pas...

On est bien embete, car notre itineraire se situe semble t il sur son territoire. Or comment relier notre point d arrivee sans passer par Diklo et sa forteresse ?

Apres quelques minutes qui nous permettent de ralentir pensee et rythme cardiaque, Anne propose de contourner son territoire imaginaire en programant un point GPS se situant sur notre itineraire : vive la technologie !

Cependant, nous sommes dans l obligation de quitter le chemin et de monter direct vers la montagne hors des sentiers battus.

Nous sommes determines, alors nous grimpons et grimpons. Au depart, cet abruti de cleps refait parler de lui, puis manifestement, nous sortons de son territoire : il s en va et nous n entendrons plus parler de lui. Certes, mais merci le denivele. Nous passons devant un troupeau de chevaux. Nous avons le bonheur de voir un tout jeune poulain, encore malhabile sur ses pattes.

Je dois avouer que si les imprevus sont extremement derangants, ils ont l enorme avantage de nous rendre flexible et de nous faire decouvrir des choses que nous n aurions jamais vu autrement, alors merci sale cleps !

Apres une montee difficile et stressante (allons nous rencontrer un autre chien ?), nous rejoignons notre point GPS. Nous sommes a nouveau sur la bonne route. Nous soufflons.

La suite de l itineraire se fait a travers une forets de pins a l ombre, mais le terrain est rendu difficile par le nombre incalculable de pommes de pin a terre et le fort denivele : attention aux glissades !

Anne commence a donner des signes de faiblesse, et je ne suis pas non plus au mieux de ma forme, alors je propose une pause a l ombre d un pin a la sortie de la foret. La vue est manifique, nous sommes a environ 2200 metres d altitude, nous en prenant pleins les yeux, vue sur le village de Diklo et sa forteresse en bas a gauche, au dela, vue sur le dramatique et grandiose Daghestan, pentes vertigineuses, grises et parfois enneigees et a droite le village de Shenako et meme notre camp de cette nuit. Pour tout repas, nous nous regalons de deux petits concombres achetes au bazar de Telavi il y a quelques jours et du fromage de Visseli. Et pour nous combler, un petit the, grace a l organisation d Anne qui avait stocke de l eau chaude dans son thermos !

Nous repartons, et suivons manifestement un chemin bien trace, donc pas d inquietude. Plus haut vue sur une maison de berger, nous faisons silence de peur d etre reperes par un chien, arrivons au faite de la montagne. Le chemin nous mene desormais de l autre cote, en parfaite coherence avec la carte. Pourtant, le point GPS ne correspond pas du tout avec la carte !!!!

Nous decidons cependant d emprunter le chemin. Mais apres plusieurs minutes de descente plutot raide dans une belle foret de pins nous nous prenons a douter de la destination du chemin suivi. Nous pensons qu il serait preferable de retrouver le chemin indique sur notre carte. Alors nous utilisons la technique bien connu du point GPS avec la fonction GO TO qui nous permet de nous rendre a un point precis.

Le bon chemin n est semble t il pas tres loin, mais il nous faut affronter un denivele pas possible en pleine chaleur avec nos sacs de plus de 15kgs. C est dur, et cela devient rageant. A travers la rocaille, nous luttons et sans ja mais rejoindre notre point GPS, retombons sur la maison de berger de tout a l heure, mais vu de l autre cote de la montagne. Des Chiens !!!!!!!!

Mais heureusement des berges sont la et les canalisent vite. Et qui apparait ??? Temo bien sur, ravi comme nous de nous retrouver et de nous indiquer le bon chemin. Je ne suis pas sur de toutes les explications en georgien, alors Anne entame une discussion en polonais a laquelle Temo repond en russe !!! C est deux la ont l air de se comprendre !! Je dois avouer que le melange Georgien, de base polonais russe fait bon menage depuis le debut et nous permet de communiquer plutot bien.

Temo nous assure que le chemin a suivre n est pas celui indique sur notre carte (en faite nous commencons a nous apercevoir que nos cartes sont fausses, voir volontairement fausses, datant de l epoque sovietique, les sovietique par paranoia indiquaient en effet des chemins inexistants ou inexacts!). Il nous conseil de descendre encore et encore et tout droit jusqu a ce que nous retombions sur un chemin qui nous menera en bas de la vallee.

La descente na rien d une promenade de sante, c est limite dangereux et en plein soleil, je pense a Anne qui souffre assurement, mais n en dit rien. Chemin trouve, enfin. La descente a travers la foret est interminable. Anne va de moins en moins vite. Manifestement le plaisir n y est plus, c est trop dur...Premieres douleurs musculaires, mais refus categorique de prendre un anti inflammatoire. Je me mets un peu en colere, je lui explique que ce n est pas coherent, qu elle se fait du mal pour rien. Elle accepte de prendre un medicament, et apres une pause rehydratation nous repartons. Anne commence a raler un peu, la descente etant vraiment penible...Je suis devant, j entends un cri.......je me retourne vivement et je vois Anne tomber dans la pente ! La j ai une quqntite phenomenale d energie je cours vers elle et la rattrape...Plus de peur que de mal, mais Anne est au bord de la crise de nerfs. Marre de ces chiens, marre de ces cartes foireuses, marre de ce denivele de folie (1700m dans la journee en cumule), sacs ultra lourds, et pas assez d entrainement.

Je suis d accord avec elle, et lui propose en toute liberte de choisir : continuer vers Shatili, ou rentrer a Omalo en faisant une boucle par Tchiro. Ce n est franchement pas un probleme pour moi de changer nos projets, et je pense meme que cela serait plus raisonnable.

Il nous reste encore 2H de soleil lorsque nous arrivons sur le torrent au dessus duquel nous avons decide de camper. Nous rechargeons nos gourdes, et trouvons un emplacement bien au dessus du torrent (denivele de 150 metres !!!). Douche froide, lessive, corvee de bois, lyophylisee puree de pois chiche et dodo bien merite. Que ferons nous demain ?? Je sens que vu la precision de nos cartes, la durete du terrain et notre forme physique, le plus sage serait de retourner sur Omalo, mais la nuit porte conseil.



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