la premiere etape est toujours difficile...

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Georgie - Tusheti
de nikas, le 28-08-2006

la premiere etape est toujours difficile...

Visseli avait eu la grande gentilesse de nous preter sa maison afin que nous passions notre premiere nuit au chaud dans les montagnes Tush. Geste typiquement georgien (je vous confirme que leur hospitalite legendaire est tout bonnement extraordinaire). Cependant, il nous fallait penser a partir, pour debuter notre grande aventure : marcher d Omalo a Shatili.

Nous nous levons un peu tard, il faut bien l admettre, et montons saluer notre hotesse Visseli qui nous a prepare un frugal petit dejeuner : tchatcha (alcool local tres fort...), ratchapouri (fromage fondu dans de la pate revenue a la poele), tomates pantagrueliques, the a base de fleurs cueillies dans la montagne, lait chaud tout droit sorti du pis de la vache, pain, beurre comme jamais je n en vis (jaune comme le soleil), confiture maison succulente, biere maison, un peu de vin aussi (pour les toasts bien sur), et j en passe...

L invitation force le respect, mais comme il faut gouter a tout (pour faire plaisir a Visseli bien sur, mais aussi par curiosite et par gourmandise) le dejeuner s eternise...Or, il nous faut marcher pendant les heures les moins chaudes de la journee...

Finalement nous arrivons a mettre un terme a tant de gourmandise, et partons.

Direction Shenako, un petit village qui se situe de l autre cote du torrent nomme le Pirikita Alazani. Visseli nous delegue l adorable Chota, son neveu d une dizaine d annees, afin qu il nous guide vers le bon sentier.

Chota court et saute dans la descente tel un jeune bouc, quand nous nous comportons pour le moment comme de vieilles vaches...Nos sacs sont lourds, et le pas n est pas tres assure surtout dans ces descentes pierreuses et poussiereuses : en somme, nous souffrons, mais n en laissons rien paraitre !

Chota stoppe alors et nous explique en georgien qu il faut descendre encore et encore, puis aller parfois a droite parfois a gauche...enfin nous lui disons oui bien sur, que nous avons compris et tout et tout (apres tout, nous avons des supers cartes un GPS et une boussole alors...). Avant qu il ne remonte a Omalo, nous lui dedicassons en georgien une carte postale de la Tour Eiffel, facon pour nous de remercier les gens qui nous ont touche sur le parcours en leur amenant aussi un peu de reve. Regards intrigues tout d abord du magnifique Chota, sourire a peine dissimule ensuite : il est terrible ce mome !

Aller, nous voila vraiment parti. Ca descend raide vers la riviere, nous suivons manifestement une piste pour voiture. Le chemin est chaud et poussierreux : un peu dur pour commencer...

Nous devons traverser le torrent en empreintant un pont, notre GPS nous indique une distance de 650 metres poour y acceder, nous sommes donc confiant meme si..........la route que nous suivons semble nous en eloigner... Nous nous disons que la route doit faire un lacet que nous ne pouvons pas voir sur notre carte au 1/50000.

Apres quelques 400 metres de denivele, nous arrivons enfin a la riviere : mais en guise de pont, 3 troncs d arbres colles qui ne donnent guere envie de defier les lois de la pesanteur !

Je regarde Anne qui m a prevenu de sa predisposition au vertige...je comprends qu elle ne passera pas, et pour etre honnete, moi non plus !

Miraculeusement, nous rencontrons 4 georgiens. Je me dirige vers eux, et apres les cordialites d usage je leur demande ou nous sommes : et bien, comme l indiquait notre GPS, a 650 metres du pont pardi !!!!!

Nous avons emprunte la route des voitures, actuellement en chantier. La route mene bien a shenako, mais n a rien a voir avec le sentier pedestre, et necessite un grain de folie pour jouer les equilibriste au dessus du torrent.

L un des georgiens a l haleine thatchatheuse ( adjectif qualificatif derive de cet alcool local le tchatcha!) et fortement aillee, me precise qu une machine passera dans la journee et nous permettra de passer le Pirikita Alazani. Certes mais quand ? Montee de bras au ciel et clarte de l expression peut etre maintenant, peut etre ce soir, qui sait ?

Ok, alors nous entamons une remontee vers le veritable sentier, un peu enerves contre nous meme, et deja plein de courbatures.

Apres une bonne heure de marche dans la poussiere, nous decouvrons le sentier qui plonge abruptement vers le torrent. Le chemin fait travailler les genoux, mais a l avantage d etre a l ombre sous une foret de feuillus. Nous croisont une jeune femme faisant le chemin inverse. Nous sommes donc manifestement sur le bon chemin. Hourra !

Apres une petite heure nous atteignons le pont, magnifique : celui ci nous le passerons sans probleme !

Rencontre sympatique avec 2 israeliens venant de Shenako nous confirmant que nous sommes sur la bonne route. Ils sont accompagnes d un local, porteur comme ils disent en rigolant, et nous proposent de nous le louer pour 5 dollards a la vue de nos sacs maouses costauds !

Au bout du pont, nous rencontrons Themo, berger Tush, que nous aurons l occasion de rencontrer encore ( Dieu merci...), tout intrigue et heureux de voir deux francais randonner dans ses montagnes. Son sourire et beau, et son regard plein d humanite. Il me donne confiance dans ce pays de Tushetie. J ai entierememt confiance dans les gens de ces montagnes. Je les sens genereux et authentiques, je n ai aucune peur a leur contact, bien au contraire.


Nous entamons alors une difficile ascension vers Shenako. J ai beau avoir fait le GR 20 l annee derniere, je trouve le chemin mortel....et manifestement Anne aussi. Mais les vues sur les montagnes environnentes et sur le Pirikita Alazani valent vraiment le coup. La foret de feuillus a laisse la place a une magnifique foret de pins (laricio, maritime ou autres je n en sais rien). Nous croisons a nouveau un couple d Israelien. L homme nous explique que c est aujourd hui la fete a Shenako, pour l assomption de la Vierge Marie. Il nous conseille d entrer dans l eglise, mais nous met en garde contre le Tchatcha qu il qualifie de monstrueux tord boyaux. S il savait, on en en bu hier a qui mieux mieux et en avons meme eu au ptit dej :-)))

Nous continuons notre ascencion. Carte pas bien precise. 3 chemin possibles. 1 marque sur la carte. La situation n est pas claire du tout. Nous prenons une option qui se revelera etre la bonne ; a gauche toute.

Apres une raide montee nous arrivons enfin sur un plateau. Nous apercevons les montagnes du Daghestan, pentes raides et grises avec des restants de neige, somptueuses et vertigineuses. Mais de Shenako, nous ne voyons pas trace...

Puis premier cimetiere sur une petite colline a droite : c est un signe, le village ne doit pas etre loin. C est heureux, car nous manquons cruellement d eau.

D un coup le vilage se decouvre : sur la gauche des dizaines de meules de foin de forme conique, flanbloyant dans la lumiere de fin d apres midi. Coup de coeur des photographes que nous sommes :-))))

Une tres longue barriere en bois delimite l espace reserve aux betes pour quelles puissent paisser, de l espace qui leur est interdit (potager, et herbes pour le fourage).

A droite a flanc de colline le village de Shenako, et son eglise.

3 hommes nous interpellent de loin et par des gestes expressifs nous invitent a monter a l eglise. Nous declinons l invitation et nous metons a la recherche d eau.

4 femmes aux sourires charmants et apaisants nous indiquent alors un endroit qui semble etre une fontaine. Nous nous y rendons et decouvrons effectivement un petit ruisseau. L endroit est charmant. Une table en tole et deux petits bancs en bois, le tout ombrage par un arbre non identifie mais providentiel par ces fortes chaleurs.

Quant a l eau elle passe dans un tronc d arbre creuse par les villageois. L eau est certes fraiche, mais stagnante...

Sortons notre cher Micropur pour ne pas mourir intoxiques. Mais, le temps d action etant de 1H, nous ne pouvons plus attendre, nous buvons, nos instestins nous renseignerons sur la qualite de l eau plus tard certainement.

Cette eau est excellente !!!

Nous repartons a la recherche d un campement pour la nuit. Nous ne souhaitons pas dormir a Shenako meme, preferant pour cette nuit, le calme a la debordante hospitalite georgienne.

Premiere rencontre avec un chien du Caucase. En laisse certes, mais un veritable loup. IL me donne la chair de poule. Aucune envie d en croiser. Nous savons pourtant que c est tout a fait possible. Ce chien est agressif, et franchement debile : pourquoi nous hurle t-il dessus comme si nous etions des egorgeurs de moutons ????? Nous passons vite notre chemin.

Encore une ascension jusqu a une passe note sur la carte. Vue sur un ruisseau. Nous passerons la nuit la. Anne souhaite se laver, et nous avons besoin d eau pour cuisiner nos delicieuses soupes lyophilisees.

Nous trouvons un endroit ideal sur la riviere, un peu trop visble du chemin, ce qui n est pas fait pour rassurer Anne (mais je n ai ici aucune crainte comme je vous l ai dis) il y a meme un petit foyer fait de pierre qui est installe. GO !

Installation du camp. Corvee de bois. Soupe chinoise, pates et bouillon de poule...nous sommes aux anges !!!!!

Douches froides dans le ruisseau et dodo.

Gros coup de stress de notre attachante Anne : en effet, quelques temps apres notre couche, trois cavaliers fond entendre leur presence disons quelque peu sauvage (cris en tout genre) dans un galop effrenne...

Anne a lu des choses pas supers positives sur le camping sauvage en Georgie (agression) et pense que notre compte est bon.

Je lui explique que ces charmantes personnes sont simplement en train de se defouler (la balade digestive quoi...) et sont certainement a la recherche des chevaux que nous avons vu passer tout a l heure. Elle ne semble pas convaincue pourtant...nuit calme :-)

Super soiree, mais premiere journee difficile.

Que la Tushetie est belle ! Je pense a mon grand pere georgien qui a fuit son pays dans les annees 20. A t-il cotoye ces montagnes ? J en doute vu la difficulte de venir jusqu a Omalo. Je suis heureux de les voir pour lui, et je lui raconterai ce soir dans mes reves.

Ra lamazia Tusheti !

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